CPTS : à quoi sert l’exercice coordonné, vu du cabinet et de l’officine
Par L'équipe Genysis · 7 septembre 2026 · Lecture 7 min

L’invitation tient en quelques lignes. L’acronyme CPTS y figure, près du logo de l’agence régionale de santé, et le destinataire ne sait pas encore ce qu’on attend de lui. Communauté professionnelle territoriale de santé : derrière le sigle, un exercice coordonné entre podologue, pharmacien, médecin et d’autres professionnels d’un même territoire. Comprendre l’objet évite de signer par politesse.
Un sigle sur une invitation
L’acronyme circule plus vite que sa définition. On le voit sur une convocation, dans un compte-rendu de réunion de ville, parfois sur une affiche de dépistage. Chacun y met ce qu’il redoute ou ce qu’il espère : une contrainte de plus, une manne, un club, une réunion du soir qui n’aboutit pas. Aucune de ces images ne dit ce qu’est une CPTS.
C’est une association de professionnels de santé d’un territoire, qui se dotent d’un projet pour améliorer l’accès aux soins et la coordination entre eux. Le territoire n’est pas un slogan. C’est l’espace dans lequel les patients passent déjà, du cabinet à l’officine, du médecin à l’infirmier, du podologue au généraliste. La CPTS essaie de rendre ces passages moins hasardeux.
L’invitation de l’agence régionale de santé n’est pas, à elle seule, une adhésion. Elle ouvre une information. Avant de répondre, on lit qui porte le projet, quels professionnels sont déjà là, et ce que le texte attend concrètement de ceux qui manquent encore autour de la table.
CPTS : l’exercice coordonné du podologue et du pharmacien
L’exercice coordonné n’est pas un mot pour « travailler dans le même quartier ». Il désigne des missions que les professionnels décident de tenir ensemble. La liste exacte et les moyens associés se lisent dans les textes de l’année, pas dans une rumeur de réunion.
- Faciliter l’accès à un médecin traitant, dans le cadre prévu par les textes.
- Organiser une réponse aux soins non programmés, sans se substituer à la régulation.
- Mener des actions de prévention dont le rôle de chacun est écrit.
- Améliorer les liens entre la ville et l’hôpital, sans fusionner les métiers.
Le podologue et le pharmacien n’y entrent pas pour le même geste quotidien, mais pour la même raison : une partie de leurs patients est déjà suivie par les autres. Le pied d’une personne diabétique, une sortie d’hospitalisation, une difficulté à joindre un prescripteur un vendredi : ces situations existent que la CPTS soit là ou non. La communauté propose un cadre pour ne plus les traiter chacun dans son coin, sans pour autant fusionner les métiers.
Les missions et l’accord qui les accompagne évoluent. Les montants, les indicateurs, la composition attendue d’une communauté se vérifient sur sante.gouv.fr. Les recopier de mémoire, ou reconstruire un « montage » à partir d’un chiffre entendu l’an passé, expose à signer un projet que l’on n’a pas lu. Cet article n’en donne aucun.
Au cabinet, ce que le podologue vient y faire
Vu du cabinet, l’intérêt se mesure à des parcours, pas à une vitrine. Être identifié par les médecins et les infirmiers du territoire quand un pied diabétique nécessite un avis. Participer à une action de prévention où le rôle de chacun est écrit. Savoir vers qui orienter quand la situation dépasse la podologie, et être soi-même joignable quand c’est l’inverse. Le métier de podologue y gagne en lisibilité. Il n’y gagne pas un droit de décider à la place du médecin.
La limite est nette. Le podologue n’examine pas hors de sa compétence parce qu’une réunion l’a rendu « partenaire ». Il ne reçoit pas un flux de patients captifs. Il ne partage pas un dossier pour prospecter. S’il transmet une information, c’est dans l’intérêt du soin, avec le cadre du secret et les outils prévus pour cela, pas dans une messagerie de convenance ouverte à toute l’association.
Le temps de réunion est un vrai sujet, et il se pose avant d’adhérer. Qui siège, à quel rythme, quelles missions reposent sur des professionnels déjà débordés : ces questions se posent au porteur du projet. Une CPTS qui ne sait pas y répondre n’est pas encore un exercice coordonné. C’est une intention.
Le pharmacien dans l’exercice coordonné d’une CPTS
À l’officine, la coordination existe déjà de fait : ordonnances, renouvellements, alertes, patients qui ne trouvent pas de rendez-vous et demandent « quoi faire en attendant ». La CPTS peut donner à ces gestes un interlocuteur et une façon commune de s’orienter. Elle ne transforme pas le pharmacien en régulateur médical, ni l’officine en standard du territoire.
Ce que le pharmacien vient y faire : participer aux missions qui touchent la dispensation, la prévention et le lien avec les prescripteurs, dans le rôle qui est le sien. Repérer, avec les autres, les trous du parcours. Ne pas promettre au comptoir une place en CPTS comme on promettrait un service de l’enseigne. Le cadre du pharmacien demeure. L’exercice coordonné s’y ajoute. Il ne le réécrit pas.
L’officine a aussi un intérêt très concret : savoir qui appeler quand une situation de ville coince, et être connue des cabinets pour ce qu’elle sait faire. Cette connaissance mutuelle ne exige pas d’afficher un logo. Elle exige que les missions auxquelles on dit oui soient tenues. Une adhésion cosmétique se voit vite, des deux côtés du comptoir.
On coordonne des soins. On ne s’échange pas une clientèle.
Ce que cette coordination n’est pas
Une CPTS n’est pas un réseau commercial. Elle ne distribue pas des patients, ne classe pas les cabinets par « apport », ne sert pas à remplir un agenda creux. Celui qui entre avec cet objectif se trompe de pièce, et il met les autres en difficulté : la confiance entre professionnels ne survit pas à la captation.
Ce n’est pas non plus une étape obligatoire pour s’installer. On peut exercer sans adhérer. On peut adhérer sans que cela règle les démarches d’installation, le choix de structure, la protection sociale ou le prévisionnel. Ces sujets sont ailleurs, par exemple dans l’article sur les premiers mois d’une installation libérale. Les confondre avec la CPTS produit des déceptions inutiles.
Ce n’est pas, enfin, un accord financier que l’on reconstitue entre collègues. L’accord conventionnel interprofessionnel existe. Ses missions, ses conditions et ses contreparties se lisent dans les textes en vigueur, sur le site du ministère et auprès de l’organisme compétent. Un article, une conversation de couloir ou un tableur maison ne les remplacent pas. Signer pour un montant entendu, sans avoir lu le projet de santé de la communauté, c’est adhérer à un bruit.
Lire le projet de santé avant d’adhérer
Le document qui compte est le projet de santé : ce que la communauté dit vouloir faire, avec qui, et comment les professionnels y contribuent. On le lit en cherchant son métier. Quelles missions concernent le podologue, quelles missions concernent le pharmacien, lesquelles sont déjà couvertes, lesquelles manquent de bras. Si le texte reste au niveau des intentions générales, on demande des exemples de situations réelles.
On demande aussi la gouvernance. Qui décide, comment on sort, ce qui est partagé comme information, qui est responsable d’un manquement au secret. Une communauté de soins manipule, même indirectement, des sujets de patients. L’enthousiasme d’une soirée de lancement ne tient pas lieu de règle.
Ensuite seulement, on regarde ce que l’adhésion demande en présence et en continuité. Une mission de prévention annoncée et non tenue abîme plus qu’une non-adhésion honnête. Le droit de dire « pas maintenant » existe. S’installer dans un territoire, apprendre à y travailler, puis rejoindre une CPTS dont on a lu le projet : cet ordre-là est souvent plus solide que l’inverse.
Questions fréquentes
Une CPTS est-elle obligatoire pour exercer en podologie ou en officine ?
Non. L’adhésion est un choix. On peut exercer sans faire partie d’une communauté professionnelle territoriale de santé. On vérifie toutefois les textes de l’année si un dispositif particulier est évoqué dans l’invitation : le principe du volontariat ne dispense pas de lire ce que l’on signe.
Le pharmacien ou le podologue y perd-il son indépendance ?
L’exercice coordonné ne fusionne pas les responsabilités. Chacun reste dans son métier et dans son secret professionnel. On ne délègue pas une décision clinique à une réunion, et on ne reçoit pas d’instruction d’un voisin de table sur un patient.
Faut-il un montage financier pour adhérer ?
Non, pas un montage bricolé. Les éventuelles contreparties liées à l’accord conventionnel se lisent dans les textes officiels, avec leurs conditions. On ne les reconstitue pas à partir d’un chiffre ancien, et on ne les promet pas à un confrère.
L’exercice coordonné est-il un moyen de se répartir des patients ?
Non. Coordonner, c’est rendre les parcours plus clairs pour les personnes déjà soignées sur le territoire. Ce n’est pas un annuaire commercial ni une répartition de clientèle. Cette confusion suffit à rester dehors.
Comprendre la CPTS avant de répondre à l’invitation
Répondre à l’acronyme suppose d’avoir lu ce qu’est un projet d’exercice coordonné, vu du cabinet comme de l’officine, avant la soirée où l’on demande qui signe.
Comprendre les projets d’exercice coordonné
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